Comment développer des projets générateurs de revenus pour les ONG afin d’assurer leur autonomie ?
Question soumise par : Mor Diakhate, Directeur Exécutif, ALPHADEV, Sénégal
Pour moi, l’autonomie financière d’une ONG ne signifie pas remplacer les bailleurs par une activité commerciale. Elle consiste plutôt à construire un modèle économique diversifié, dans lequel financements institutionnels, revenus propres et partenariats privés se complètent.
La première étape est donc de faire l’inventaire de ce que l’organisation possède déjà : compétences, expertise, locaux, équipements, réseau ou encore réputation. Beaucoup d’ONG disposent d’un savoir-faire qu’elles pourraient valoriser à travers des formations, du conseil ou des prestations de services.
Ensuite, il faut choisir un modèle économique cohérent avec la mission. Une activité génératrice de revenus est pertinente lorsqu’elle crée à la fois de la valeur économique et sociale. Par exemple, un centre accompagnant de jeunes mères peut développer une activité artisanale qui leur permet d’acquérir des compétences tout en générant des revenus pour la structure. En Tanzanie, Ubongo a également développé la commercialisation de contenus éducatifs auprès de diffuseurs et d’autres organisations.
Mon conseil est simple : commencer petit, tester un modèle, mesurer sa rentabilité réelle (y compris le temps mobilisé par les équipes) puis décider de son changement d’échelle.
Enfin, cette activité doit être pilotée avec une logique économique claire et une gouvernance distincte des fonds dédiés aux projets. L’objectif n’est pas de devenir une entreprise, mais de renforcer progressivement sa capacité à financer sa mission.
How can NGOs develop revenue-generating projects to ensure their autonomy?
Question submitted by: Mor Diakhate, Executive Director, ALPHADEV, Senegal
To me, an NGO’s financial autonomy does not mean replacing donors with commercial activity. Rather, it involves building a diversified economic model in which institutional funding, self-generated income, and private partnerships complement one another.
The first step is to take stock of what the organisation already possesses: skills, expertise, premises, equipment, networks, or even its reputation. Many NGOs have know-how they can leverage through training, consulting, or service provision.
Next, choose an economic model that aligns with the organisation’s mission. A revenue-generating activity is worthwhile when it creates both economic and social value. For example, a centre supporting young mothers might develop an artisanal activity that helps them build skills while generating income for the organisation. In Tanzania, Ubongo has also developed a model for selling educational content to broadcasters and other organisations.
My advice is simple: start small, test a model, measure its actual profitability (including staff time), and then decide whether to scale it up.
Finally, manage this activity with a clear economic rationale and a governance structure separate from project-specific funds. The goal is not to become a business, but to progressively strengthen the organisation’s capacity to fund its mission.
(Khadi Toure is a Senegalese funds development, partnership and project management specialist, and Founder & Senior Consultant at YOON Impact)