Comment réussir une collecte de fonds dans nos pays africains qui n’ont pas cette culture ?

Comment réussir une collecte de fonds dans nos pays africains qui n’ont pas cette culture ?

Question soumise par : Kouassi Mozart Kongoue, Président et Directeur exécutif, Aide, Assistance et Développement Communautaire de Côte d’Ivoire (ONG ADC-CI), Côte d’Ivoire

Je commencerais par nuancer cette idée : l’Afrique n’a pas une absence de culture du don ; elle a une culture du don différente, souvent communautaire, informelle et moins institutionnalisée.

Des pratiques comme le harambee au Kenya, l’isusu en Afrique de l’Ouest ou encore l’ubuntu en Afrique australe montrent que la solidarité financière est profondément ancrée dans de nombreuses sociétés africaines. Le véritable enjeu est donc de connecter cette générosité existante aux organisations et aux causes qu’elles portent.

Trois leviers me paraissent essentiels.

Premièrement, construire la confiance avant de demander. La transparence sur l’utilisation des fonds, les résultats obtenus et la gouvernance est déterminante.

Deuxièmement, diversifier les sources. Il ne faut pas se limiter aux grands donateurs : entreprises, diaspora, groupes communautaires, fondations, clubs philanthropiques ou encore dons en nature peuvent constituer des relais importants.

Troisièmement, professionnaliser l’offre de fundraising. Une bonne cause ne suffit plus. Il faut être capable de présenter un projet clair, chiffré, crédible, avec des résultats mesurables et un dispositif de suivi.

Les transferts de la diaspora vers l’Afrique, qui se chiffrent en dizaines de milliards de dollars chaque année, montrent d’ailleurs qu’il existe un potentiel considérable.

L’enjeu n’est donc pas d’importer un modèle occidental du don, mais de professionnaliser et de structurer une générosité qui existe déjà.

How can fundraising be successful in African countries where this practice is not well established?

Question submitted by: Kouassi Mozart Kongoue, President and Executive Director, Aide, Assistance et Développement Communautaire de Côte d’Ivoire (ONG ADC-CI), Côte d’Ivoire

I would start by clarifying that Africa does not lack a culture of giving; rather, it has a different one – often communal, informal, and less institutionalised.

Practices such as *harambee* in Kenya, *isusu* in West Africa, and *ubuntu* in Southern Africa demonstrate that financial solidarity is deeply rooted in many African societies. The real challenge, therefore, is connecting this existing generosity with organisations and causes they champion.

Three issues are essential.

First, building trust before making an ask. Transparency about how funds are used, results achieved, and governance is crucial.

Second, diversifying sources. One should not limit oneself to major donors; corporations, the diaspora, community groups, foundations, philanthropic clubs, and even in-kind donations can serve as important channels.

Third, professionalising the fundraising approach. A worthy cause is no longer enough. One must present a clear, credible project with quantified data, measurable results, and a monitoring system.

Indeed, remittances sent by the diaspora to Africa – amounting to tens of billions of dollars annually – demonstrate considerable potential.

The goal, therefore, is not to import a Western model of giving, but to professionalise and structure a form of generosity that already exists.

(Khadi Toure is a Senegalese funds development, partnership and project management specialist, and Founder & Senior Consultant at YOON Impact) 

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